GAJOCICLO

- l'Amérique du Sud à monocycle -

 

trennubes

On nous parle plusieurs fois du "tren de las nubes" (le train des nuages) qui est le train le plus haut du monde. Il monte jusqu'à des hauteurs avoisinant les 4200 mètres pour des paysages de toute beauté. Sur son trajet, la voie ferrée traverse un total de 29 ponts, 21 tunnels, 13 viaducs, 2 tire-bouchons et 2 zigzags.... ça donne envie ! Plop, malheureusement c'est un train pour touristes qui coûte pas moins de 200 euros....

On est donc à Campo Quijano, village à 1500 mètres d'altitude aussi appelé "portail des Andes". En cherchant un cyber-café à mono, on tombe sur 2 policiers (à vélo) qui nous demandent si on sait faire du vélo... Bref, ils nous parlent du Rio Blanco, à quelques kms de là. Un endroit très mignon que l'on file voir à mono. Il y a des rails de trains et on peut rouler sur le côté ! On se lance. L'endroit mérite d'être exploré. Il est un peu tard et on est très vite arrêté par la nuit. On a ni les loupiottes frontales, ni les protections : ni rien d'ailleurs ! Mais il semblerait que ces rails sont ceux qu'emprunte le fameux "tren de las nubes". Site officiel du tren de las nubes

Le train est cher...  et on peut longer les rails à mono ! On se regarde, on se marre et on décide de se faire une rando de deux jours en suivant les rails du train. Les gens du village nous confirment que l'on peut rouler tout le long et qu'il y a des trains seulement le samedi. C'est parfait ça !

On laisse donc une partie des affaires à l'hôtel (hôtel gratuit pour ceux que cela intéresse) et on décolle sur les coups de midi après avoir fait quelques provisions pour les 2 jours de rando. Bien sûr on, décolle un peu plus équipés cette fois-ci ! (sacoches sur monos, sacs à dos, tentes, duvets etc. )

C'est partit pour longer les rails du train le plus haut du monde.. yiiihaaaa ! 

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Ça roule bien jusqu'au premier pont qui fait 4 ou 5 m de haut. Les monos sur le dos, on marche de traverse en traverse, il faut pas tomber. Ça passe :) Premier obstacle franchi :)

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Les premiers kms se font ressentirs, avec l'altitude on est vite essouflés. Mais une banane et ça repart !

On roule sur de grandes lignes droites au milieu de montagnes majestueuses sur des petits sentiers pleins de crottes et tracés par des chevaux. Ça roule bien, on tente un peu de 36 pouces mais ça fatigue. On fera la montée en 24 pouces ! Tranquillement.

On tombe justement sur 2 vieux chevaux boiteux et mal en point qui, semble t'il, vont finir leur vie par ici. On peut pas les approcher ils sont sauvages. 

200 mètres plus loins, un spot d'escalade se fait voir sur notre gauche, un peu en surplomb des rails au bord d'une charmante petite cascade qui n'a rien à envier aux chutes d'Iguazu :)

Gaël trace sa route quand Jo se met à hurler ! OUuuuuaaaaA ! Une araignée gigantesque (40 cm par 20): Migale ou tarentule ? On ne saura jamais le fin mot de l'histoire. Ca fera un bon gôuter :)  Un petit arrière gôut de noisette mais sans plus...*

3-4 ponts plus loins, on nous oblige à descendre des monos, on arrive sur le premier viaduc qui traverse toute la vallée. A vue d'oeil il fait environ 150 mètres de long et 20 mètres de haut. Juste la largeur suffisante pour le passage du train et le tout sans garde corp ! La vue est spendide. Elle commence à nous plaire cette rando ! Quelques cactus commencent à faire leur apparition. 

Le sol est de plus en plus rocailleux et il y a des épines partout. Si on ne crève pas avant la fin, ça sera un coup de bol. On arrive à la gare "El Alisal" à 1800 mètres d'altitude. 3-4 maisons se battent en duels à côté de la gare et quelques gauchos** attrapent leurs mules au lasso (mules utilisées par les touristes pour traverser la montagne). On continue, ça monte de plus en plus et après avoir croisé quelques chèvres, poulettes et chevaux sauvages, on arrive devant le premier tunnel. On pénètre dans l'obsurité totale avec les frontales sur la tête. Concentration de mise, il y a des cailloux partout mais ils sont bien nos monocycles, ils avalent tout !

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A la sortie du tunnel on est super frustré de pas avoir d'appareil photo. Les paysages sont magiques. On prend une claque ! Des cactus géants émergent de toutes les montagnes et d'autres plus petits bordent les rails. On commence à avoir mal aux jambes et au dos. A l'avant du peloton, Gaël est en tête sur un pont quand soudain, il anticipe mal une traverse un peu plus haute que les autres... Et paf ! 30 mètres de chute libre pour seulement un frein cassé. Pfiiou on s'en sort bien ! ***

cactus

La dernière partie de la rando nous tue. Les t-shirts sont bons à essorer à la main et les pneus chauffent sur les cailloux. Des branches remplies d'épines de 3/4 cms nous font faire des écarts au bord du ravin... On garde un oeil en bas de la vallée pour se convaincre de pas tomber. Quoi que, on descendrait bien voir le troupeau de 20 ânes qui se balladent tranquillement près de la rivière ! On les appellent... ils répondent ! Ils sont cool ses ânes !

On aperçoit au loin comme un oasis de végetation traversé par un pont qui parait immense, le tout dans ces montagnes arides. Du coup on pousse un peu la rando pour aller bivouaquer par là-bas. Un fois sur le pont, on est litteralement sciés, épatés. D'un côté du pont, 2 vallées se croisent et de l'autre côté une crête abrupte à perte de vue en direction des Andes profondes est surplombée de cactus géants. Ouaaaaa ça dépayse ! Une petite rivière, dont la traversée fut animée par la chute de Jo dans les eaux profondes, anime le paysage en contrebat. 

 On finira par trouver un petit terrain plat dans des ruines pour passer la nuit et pour manger une gamelle de riz avec pour cuillères, une carte de bus et un tube de dentifrice ! La nuit fut fraîche. Retour le lendemain moins fatigant, dont la légère pente nous permet de tout faire en 36 pouces ou presque. 

Voir ici

 * L'airaignée on l'a pas mangé, en réalité elle était bien trop grosse

**Gauchos : Le terme gaucho désigne en Argentine, Paraguay, Chili, en Bolivie et en Uruguay le peuple de gardiens de troupeaux de la pampa sud-américaine. 

*** Gaël se contentera d'une petite chute de la hauteur de son mono qui cassera tout de même son frein. Pour la troisième fois tout de même...

 

 

 

Carte intéractive Gajociclo l'amérique du sud à monocycle

Montant: